
Le kintsugi (“jointure en or”) est un art ancestral japonais est une activité consistant à réparer des céramiques brisées en mettant en valeur les fissures avec une laque mêlée de poudre d’or (ou d’argent). Au lieu de cacher les fissures, on les souligne : l’objet réparé devient unique, parfois même plus beau qu’avant. Cette philosophie résonne en art-thérapie : plus qu’une réparation, c’est en effet une philosophie qui sublime l’imperfection prône la résilience et transforme les épreuves en force.
Dans les foyers de l’Armée du Salut, le kintsugi offre aux résidents une métaphore concrète de la reconstruction : reconnaître ses blessures, les apprivoiser, puis les transformer en traces de force visibles. Le geste lent et minutieux invite à la patience, à l’attention et à l’apaisement. Réparer ensemble crée un espace de partage : chacun peut déposer un morceau de son histoire, sans jugement, et repartir avec une fierté tangible — celle d’avoir recollé, réparé, et avancé. C’est une manière de retrouver de l’estime de soi et le sentiment qu’on peut, accompagné, se relever.
Témoignage d’une éducatrice du Foyer Selah
Pourquoi un atelier kintsugi ?
Nous avions envie de proposer une activité différente et originale à nos résidents. Le kintsugi permet de découvrir une forme d’art accessible, tout en favorisant la créativité, l’apprentissage et l’expression personnelle.
Quels bénéfices pour les résidents ?
Ces ateliers sont, avant tout, des moments de partage entre les résidents, l’animatrice et l’éducateur qui accompagne le groupe. Anne fait le lien entre l’art du kintsugi et la vie quotidienne, notamment à travers l’idée de réparer ce qui est cassé et que les cicatrices peuvent se transformer en quelque chose de beau et de valorisant. Cette symbolique peut aider certains résidents à donner du sens à leur vie et à un nouveau recommencement. C’est un moment d’apaisement, qui permet de sortir du quotidien et de vivre une expérience calme, enrichissante et qui aide à faire une place à l’émotion.
Est-ce toujours d’actualité ?
Oui, le projet est toujours d’actualité. Nous essayons d’organiser une activité par mois, en fonction de nos disponibilités respectives.

Kintsugi au Foyer Bodeghem de l’Armée du Salut
Face au succès de l’atelier kintsugi au Foyer Selah, l’équipe du Foyer Bodeghem à Bruxelles a choisi Huit résidents et un accompagnateur ont participé au projet kintsugi. Ce projet a permis aux résidents de réfléchir sur leur parcours, leurs défis et leur résilience, tout en créant des œuvres uniques, porteurs de sens et de beauté.
Monsieur F partage son expérience :
« J’ai pu recoller les morceaux de mon assiette, mais il en manquait un. Après de longues recherches, je l’ai retrouvé et je l’ai replacé… un peu comme ma vie. Parfois, il faut continuer, et tout finit par s’arranger. »


