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Faire le dernier bout de route ensemble

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« La vie est beauté, admire-la. La vie est une promesse, tiens-la. La vie est un combat, accepte-le. La vie est la vie, défends-la ».
Mère Teresa

Le temps passe, glisse comme des grains de sable entre les doigts de la main qui tente de les retenir et nous découvrons les limites de l’existence humaine. Vivre, déguster et savourer intensément chaque minute qui passe, n’est-ce pas le plus important ?

Dans la Bible, un mot évoque la réalité de la mort, c’est celui de scandale (skandalon en grec). Le « skandalon » est la petite pierre qui fait trébucher. Nous avançons dans la vie, et voilà que notre pied heurte une pierre qui nous fait tomber.

Accompagner une personne dans ses dernières années de vie, c’est faire le dernier bout de route avec elle, à son rythme, par une présence discrète, disponible et attentive. La peur de ne plus maîtriser son corps, de devenir vulnérable et de « perdre la tête » est bien réelle. Créer un climat de confiance, recueillir les confidences mais aussi accepter les silences, les colères. La révolte ouvre la porte aux questions : « Ma vie a-t-elle été utile pour quelqu’un ? Ai-je accompli tout ce que j’aurais dû ? » Tout naturellement vient la réflexion sur le sens de sa vie et on ose parler de la mort. La rencontre se termine, à sa demande, par la prière.

J’ai peur de souffrir. Si la douleur est au-delà de mes forces, puis-je demander l’euthanasie ? Chaque être humain a son propre seuil de tolérance. Aujourd’hui, la médecine a développé une nouvelle compréhension de la douleur et de fins outils pour la soulager. Un équilibre a été trouvé dans nos pays pour éviter l’acharnement thérapeutique et promouvoir les soins palliatifs qui permettent de vivre sereinement une fin de vie paisible.

J’ai peur d’être abandonnée et oubliée, d’être seule au moment du grand départ : « Tu seras là ? Tu me tiendras la main ? » Le toucher est important. J’applique la règle des 3 P : Présence, Partage, Prière. Pouvons-nous oublier ceux qui nous aiment et que nous aimons ? Ne pas faire de vaines promesses cependant…

J’ai peur de faire souffrir mes proches, de ne pas avoir accompli tout ce qu’on espérait. La séparation sera douloureuse, il ne faut pas la nier. Ranimer les souvenirs des bons moments passés ensemble, chanter, rire et laisser venir tout simplement la parole. Ne pas s’exprimer, c’est s’interdire de faire le bilan, de régler ses comptes, de se réconcilier avec soi-même et avec les autres. La parole libère le besoin de pardonner, de dire tout ce qui paraît essentiel de transmettre.

Vivre ses derniers moments, c’est le sentiment d’être devant une porte entrouverte, où quelqu’un accueillera la personne. Ce « quelqu’un », différent selon son éducation, sa croyance, respectons-le. « Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal car TU es avec moi »1. Jésus fait route avec elle, j’en suis convaincue.

Major Marie-Claire Anthoons

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